4.7.07
Equateur - Présentation
Mon premier voyage Zellidja s'intitulait "L'autre conquête". Il avait pour thème "Vies autour du gringo en Equateur et au Pérou".
3.7.07
Equateur - Résumé
Pertes
Peut-on se perdre dans un voyage. Un voyage que je ne comprends pas. Un voyage
inconnu et imprévu et qui semble s'échapper. Qu'est-ce que je cherche sur ces plateaux déséchés et froids ? Je ne suis jamais assise du bon côté du bus. Et mon voisin pourrait s'employer à prendre moins de place.
Ce que j'ai d'abord perdu, en Equateur, c'est Zellidja. Zellidja qui m'a stressée, étouffée,
déprimée. Et que j'ai du oublier, jeter en patûre à un futur lointain et loin, où je trouverai bien quelque chose à en dire.
Et puis j'ai perdu un combat innatendu et peu vaillant, contre une timidité que je ne me
connaissais pas. Contre un ne pas déranger, et qu'est-ce que je vais aller faire chier les gens
dans leur travail, pour un rapport à deux balles d'une gamine gringa à la con, qu'ils ne liront
jamais et dont ils n'ont rien à foutre. Pas faux d'ailleurs.
Dans ce combat, j'ai perdu un vieux rêve qui voulait faire de moi un reporter au long cours. Laisse tomber. Ce sera économie du développement ou rien. Et on aide les gens à vivre mieux, ou on les emmerde pas.
Fugues
Je n'ai pas pris le bus pour Cuenca. J'ai pris celui de Guayaquil. Et j'ai eu envie de pleurer. Je fuis. Je fuis vers le Pérou. Une fuite sinueuse à travers le páramo marron et vert et jaune et des villages improbables - des champs des troupeaux des chemins et des personnes en poncho et en chapeaux improbables.
J'ai fuis Zellidja, mon projet, s'il existait, mon ambition, d'accord celle-là n'a jamais existé, et j'ai fuis les gens, et ensuite, j'ai du fuir ma solitude. Et Quito pour Otavalo, et Otavalo pour Quito. Tena, Baños, Cusco.
Mon gringo sans espace, je l'ai étiré, traîné, oublié dans ma fuite. Peu importe où, de toutes façons, le gringo, c'est moi. A Tena, parce que la dame de Transportes Baños l'avait crié en premier, ce matin là, au Terminal Terrestre, et à Baños, parce que nous étions imbéciles.
Jamais
Quand je sors mon appareil photo dans les rues de Dijon pour photographier les gens
drôles, ce n'est jamais qu'une autre étudiante à la con qui se prend pour Kappa. Quand je sors mon appareil photo dans les rues d'Otavalo, ce n'est jamais qu'un autre gringo au zoo. Et un mois de salaire. Pardon, deux.
Jamais je n'oublierai les routes et les gorges, les bananes sans fin de Monsieur Noboa pour toute la Terre et tous ses millions, les petits cireurs de chaussures et les petites vendeuses de roses, les nuits, le Tungurahua qui fume et le temps perdu, les larmes, les karaokés et les
fraises à la chantilly, les déserts du Pérou le matin. Cusco un matin.
Jamais je n'oublierai Tena, et Uchukulín, Misael, les enfants, l'odeur moite et grasse de la jungle, le bruit infernal des insectes et de la pluie sur le toit, la tendresse du temps qui traîne, qui s'alanguit, et qui passe.
- Varsovie, le 8 octobre 2007
Peut-on se perdre dans un voyage. Un voyage que je ne comprends pas. Un voyage
inconnu et imprévu et qui semble s'échapper. Qu'est-ce que je cherche sur ces plateaux déséchés et froids ? Je ne suis jamais assise du bon côté du bus. Et mon voisin pourrait s'employer à prendre moins de place.
Ce que j'ai d'abord perdu, en Equateur, c'est Zellidja. Zellidja qui m'a stressée, étouffée,
déprimée. Et que j'ai du oublier, jeter en patûre à un futur lointain et loin, où je trouverai bien quelque chose à en dire.
Et puis j'ai perdu un combat innatendu et peu vaillant, contre une timidité que je ne me
connaissais pas. Contre un ne pas déranger, et qu'est-ce que je vais aller faire chier les gens
dans leur travail, pour un rapport à deux balles d'une gamine gringa à la con, qu'ils ne liront
jamais et dont ils n'ont rien à foutre. Pas faux d'ailleurs.
Dans ce combat, j'ai perdu un vieux rêve qui voulait faire de moi un reporter au long cours. Laisse tomber. Ce sera économie du développement ou rien. Et on aide les gens à vivre mieux, ou on les emmerde pas.
Fugues
Je n'ai pas pris le bus pour Cuenca. J'ai pris celui de Guayaquil. Et j'ai eu envie de pleurer. Je fuis. Je fuis vers le Pérou. Une fuite sinueuse à travers le páramo marron et vert et jaune et des villages improbables - des champs des troupeaux des chemins et des personnes en poncho et en chapeaux improbables.
J'ai fuis Zellidja, mon projet, s'il existait, mon ambition, d'accord celle-là n'a jamais existé, et j'ai fuis les gens, et ensuite, j'ai du fuir ma solitude. Et Quito pour Otavalo, et Otavalo pour Quito. Tena, Baños, Cusco.
Mon gringo sans espace, je l'ai étiré, traîné, oublié dans ma fuite. Peu importe où, de toutes façons, le gringo, c'est moi. A Tena, parce que la dame de Transportes Baños l'avait crié en premier, ce matin là, au Terminal Terrestre, et à Baños, parce que nous étions imbéciles.
Jamais
Quand je sors mon appareil photo dans les rues de Dijon pour photographier les gens
drôles, ce n'est jamais qu'une autre étudiante à la con qui se prend pour Kappa. Quand je sors mon appareil photo dans les rues d'Otavalo, ce n'est jamais qu'un autre gringo au zoo. Et un mois de salaire. Pardon, deux.
Jamais je n'oublierai les routes et les gorges, les bananes sans fin de Monsieur Noboa pour toute la Terre et tous ses millions, les petits cireurs de chaussures et les petites vendeuses de roses, les nuits, le Tungurahua qui fume et le temps perdu, les larmes, les karaokés et les
fraises à la chantilly, les déserts du Pérou le matin. Cusco un matin.
Jamais je n'oublierai Tena, et Uchukulín, Misael, les enfants, l'odeur moite et grasse de la jungle, le bruit infernal des insectes et de la pluie sur le toit, la tendresse du temps qui traîne, qui s'alanguit, et qui passe.
- Varsovie, le 8 octobre 2007
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