4.7.08

Mexico/USA - Présentation




Mon deuxième voyage Zellidja s'intitulait "Le mur et le tourniquet" (vous pouvez voir les deux dans les photos ;). Il avait pour thème "Voyage à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique".



3.7.08

Mexico/USA - Résumé




Nous sommes six ou dix passagers dans cet avion ridicule d’être minuscule au-dessus d’un désert gris qui s’approche et c’est donc là, personne ne va à Chihuahua, qu’y a-t-il là-bas, même le nom ne se prend pas au sérieux, ''Chihuahua'' nasillard et arrosé de Coca-Cola dans un métro de publicité. Non, ce n’est pas bien sérieux tout ça.

(Carnet de route, 2 juillet 2008)



Il faisait chaud dans des moitiés de villes, agglutinées contre un mur qui s'arrache brutalement dans le désert. Les hommes de cuivre somnolent sous leur regard de cowboys desséchés au soleil. La vie s'écoule vers un trou dans le mur et de l'autre côté, le désert se déroule en forme de routes-fleuves et de maisons-hangars habitées par des voitures.


Les nuits rougissent de mini-jupes et de chaussures compensées.


Frontière surréaliste, sale et oppressante, et cette légèreté à peine je m'en suis éloignée, le long des plages en construction de Basse-Californie, voyage surréaliste, sale et oppressant, l'angoisse en forme d'arche argentée et un drapeau du Mexique grand comme un morceau de ciel.


Pourtant, je me souviens aussi de la nostalgie qui pique, tandis que je m'éloigne des pharmacies discount et des stands de tacos traduits en anglais, à jamais, comme si la frontière n'existait plus une fois qu'on ne la regarde plus. Comment ne pas voir le mur qui ampute le monde au bout de la rue sinon en cessant de le regarder ?


Tijuana, Mexicali, San Diego, les noms résonnent lourdement dans ma mémoire des choses qui n'ont jamais existé une fois qu'on ne les regarde plus.


**


La frontière est un voyage difficile pour d'autres raisons encore. Tout est trop cher et les routes sont trop larges pour être traversées à pied.


Je deviens dépendante des personnes qui m'hébergent et qui me conduisent, expérience frustrante et formidable. Habiter chez les autres c'est rentre-dedans la vie des autres, les problèmes des autres, les questions des autres, et puis les autres, et leur infinie générosité.


Después de todo, que dire de la frontière ? Que disent les autres de ''leur'' frontière qu'ils ne regardent pas, omniprésente et inexistante ? Pas de réponses. Beaucoup de questions qui traînent dans l'air chaud, et le souvenir de l'étreinte du soleil contre ma peau.



Le souvenir de ces jours là s’imprègnera d’un malaise nostalgique, de mémoire courte et partielle, désassemblant sans fin un puzzle de sulfure et de soleil, bougainvilliers honteux et pinche hablar mexicano, les mots qui agressent sur une plage de nuit et inconnue, tandis que l’alcool crie à travers les rues vides et soûles, et les SMS au volant, des tables qui collent et des musiques et des danses affreuses et affolantes, l’accordéon comme une crécelle et du chocolat chaud, un silence obstiné et honteux, qui sont ces gens et je ne sais jamais où je suis, toujours plus de gens et des sourires arrachés aux pancakes gonflants, gonflants, pop corn, gonflant, et des dynasties de tacos, de quoi ils parlent ? pinche hablar mexicano, l’eau froide ou chaude de la piscine dans l’air froid ou chaud de la nuit ou du jour.

(Carnet de route, 17 juillet 2008)